Conférence sur le Volontariat et les TIC

Projet en bref

Date et lieu

07 - 08 décembre 2003, Geneva, Suisse
Palexpo

Détails du projet

Annexe 3: Rapport de la Conférence sur le Volontariat et les TIC

Genève, Suisse, 7 au 8 décembre 2003

Allocutions de bienvenues

Date:

7 décembre 2003, 9 à 9h40

Modérateur:

Viola Krebs d'ICVolontaires et Point de Contact de la Famille des Volontaires du SMSI

Rapporteurs:

Laila Petrone, Cornelia Rauchberger

Orateurs:

  • Liz Burns, IAVE 

  • Alain Clerc, Bureau de la Soci√©t√© Civile du SMSI

Liz Burns de la International Association for Volunteer Effort (IAVE) a parlé de l'importance du volontariat et de l'influence de la société civile sur le développement technologique. Dans son discours de bienvenue, Liz Burns a rendu hommage aux écrivains de science fiction qui nous ont mis en garde contre la prise du pouvoir de la technologie. Puis elle ajouté: "Je ne suis pas une experte en informatique, mais ce que je sais c'est qu'il est essentiel pour nous de ne pas oublier la dimension humaine dans notre réflexion."

Alain Clerc de la Division de la Soci√©t√© Civile du SMSI a expliqu√© bri√®vement les origines du Sommet. L'Union Internationale des T√©l√©communications (UIT), d'autres agences de l'ONU, des gouvernements mais √©galement la soci√©t√© civile et le secteur priv√© ont √©t√© des acteurs cl√©s impliqu√©s dans la pr√©paration et la mise en oeuvre de la phase de Gen√®ve. Depuis la Conf√©rence africaine r√©gionale de mai 2002 (Bamako), le Sommet a donn√© l'occasion de construire et de partager une nouvelle vision de l'avenir pour la soci√©t√© technologique. M. Clerc a √©galement mis l'accent sur le fait que les gouvernements ont besoin d'une grande aide d'un ensemble d'acteurs pour atteindre leurs objectifs. Pour cette r√©alisation, la soci√©t√© civile en g√©n√©rale et le secteur du volontariat en particulier jouent un r√īle fondamental. M. Clerc a ensuite expliqu√© que lorsque la proposition avait √©t√© faite de cr√©er la Famille des Volontaires au sein du Bureau International de la Soci√©t√© Civile, il s'√©tait d'abord interrog√© sur la pertinence d'une telle cr√©ation. Avec le temps, a-t-il expliqu√©, il a appris davantage sur la place et la contribution importante des volontaires dans la cr√©ation d'une soci√©t√© de l'information ouverte et inclusive.

Date: 7 décembre 2003, 9h40 à 10h15
Modérateur: Viola Krebs d'ICVolontaires et Point de Contact de la Famille des Volontaires du SMSI
Rapporteurs: Randy Schmieder, Laila Petrone, Cornelia Rauchberger
Orateurs: Susan Ellis, Energize

Cette session avait pour objectif de présenter différents points de vue sur ce qui était souhaitable en matière de développement future du volontariat dans la société de l'information. Malheureusement, Rose Ekeleme d'IAVE Nigeria, n'ayant pas pu obtenir un visa pour la Suisse, n'a pas pu participer à la session.

Susan Ellis(Présidente d'Energize) a souligné l'importance de l'action citoyenne. Elle a expliqué comment Internet est utilisé comme outil de mobilisation de volontaires et comment il avait transformé le monde du volontariat. Energize Inc., un groupe installé en Philadelphie aux Etats-Unis, travaille à l'échelle internationale dans le domaine du volontariat et du bénévolat. Ellis a expliqué qu'Enegize s'était mis sur le web il y a neuf ans, lorsqu'Internet était encore à ses débuts. Aujourd'hui, www.energizeinc.com est une ressource web importante dans le domaine du volontariat.

Cependant, Ellis a rappel√© que quelque soit l'expertise qu'une personne pr√©tend avoir dans le domaine du web, il faut "garder √† l'esprit que personne n'a plus de douze ans d'exp√©rience dans le domaine." , Comme on pouvait s'y attendre, Ellis avait des propos tr√®s √©logieux √† l'√©gard du web: selon elle, "le courrier √©lectronique nous permet de communiquer en priv√© et en public selon nos besoins" (...) "[il est] simultan√©ment public et intime"; puis elle a ajout√© que gr√Ęce √† Internet, "tous ceux qui souhaitent communiquer peuvent le faire." Finalement elle a soulign√© que "la mauvaise information ne s'am√©liore pas avec Internet, elle est juste diffus√©e plus loin."

Elle a √©galement parl√© de l'utilit√© et des avantages du web pour un ensemble de t√Ęches allant de la communication √† la collecte de fonds.

Selon Ellis, l'accès sans fil au web peut devenir un outil fondamental pour l'avenir, particulièrement dans des régions éloignées. Elle voit les volontaires et les bénévoles comme des "pionniers" et "des voix de l'avenir". Selon elle, Internet étant un moyen de communication potentiellement révolutionnaire: "les bons gouvernements devraient s'en réjouir et les mauvais devraient le craindre".

Cependant, Ellis a rapidement souligné que le pouvoir d'Internet comportait également des risques. En effet, bien qu'elle soit "personnellement convaincue qu'Internet offre plus d'avantages que d'inconvénients, elle a affirmé qu'elle ne voulait pas être que positive. Parmi ses inquiétudes, elle a mentionné:

  • L'adoption rapide des technologies sans fils qui pourraient comporter des risques;
  • Le fait que l'anglais soit la langue principale de communication sur Internet exige de certains internautes un niveau d'√©ducation et des comp√©tences en anglais qu'ils n'ont pas, ce qui les emp√™chera d'avoir acc√®s √† toute l'information disponible;
  • Des probl√®mes continues li√©s aux droits d'auteurs et au plagiat;
  • Un mauvais comportement, tel que le piratage √©lectronique et le spam;
  • Des sites statiques qui ne changent jamais ("cobwebs").

Et enfin, selon Ellis, l'un des plus grands problèmes du volontariat et des TIC n'a rien à voir avec les ordinateurs: "dans le domaine de la coordination des volontaires, il y a beaucoup d'ignorance. Si vous n'avez pas appris à gérer des volontaires en situation réelle, la connexion à Internet n'améliorera guère la situation."

Etat actuel du volontariat et des TIC par région

Date: 7 décembre 2003, 9h40 à 10h15
Modérateur: Mahendranath Busgopaul, Halley Movement, Ile Maurice, IAVE Afrique
Rapporteurs: Randy Schmieder, Laila Petrone, Cornelia Rauchberger
Orateurs: Viola Krebs, ICVolontaires et Point de Contact de la Famille des Volontaires du SMSI 
Henri Valot et M√©rault B. Ahouangansi, VNU International, Sp√©cialiste TIC au PAVD 
Diana Trahan de Netcorps-Cyberjeunes

Cette session a examiné le statut actuel du volontariat et des nouvelles technologies dans toutes les parties du monde en analysant ses forces, ses faiblesses, les possibilités qu'il offrait et les menaces qui sévissaient dans chaque région.

Viola Krebs, de ICVolunteers et Point de Contact de la Famille des Volontaires du SMSI, a présenté un bref historique de la Famille des Volontaires du SMSI et a mentionné ses principales réalisations. Un des événements important de la Famille des Volontaires a été le Symposium International sur le Volontariat et le Développement de Compétences Humaines dans la Société de l'Information (ISV 2003) qui a eu lieu à Dakar du 23 au 25 octobre 2003.

Mme Krebs a mis l'accent sur l'importance du développement de compétences locales pour la réalisation de projets. Elle a fait référence à Tim Burners Lee qui a inventé le http de façon indépendante et non comme dans le cadre d'un projet porté par une organisation. Elle a également résumé les projets futurs de la Famille des Volontaires en ajoutant: "Nous sommes encore tout au début de notre travail. Il est important de nous assurer que nous pouvons nous adapter aux besoins réels du terrain."

Mme Krebs a √©galement dit que le SMSI √©tait une occasion de d√©celer les probl√®mes auxquels nous nous trouvons confront√©s quand il s'agit de technologie. "Nous devons pouvoir transformer l'information en connaissance" a-t-elle dit et "les volontaires ont un r√īle cl√© √† jouer dans le d√©veloppement de la soci√©t√© de connaissances." Elle a ensuite donn√© quelques exemples de volontariat et parl√© du Symposium de Dakar en expliquant comment les volontaires et les experts pouvaient travailler ensemble sur ces projets.

Mme Krebs a parlé de l'exposition photo qui a eu lieu dans le cadre de ICT4D et qui montrait 70 photographies réalisées par dix photographes qui avaient voyagé dans le monde entier pour saisir l'interaction qui existait entre le volontariat et les TIC. Elle a également parlé du film "Tout à partir de rien" qui est une recherche portant sur l'utilisation d'Internet au Sénégal et au Mali.

Henri Valot et Merault Ahouangansi du Programme des Volontaires des Nations Unies (VNU) ont présenté un de leurs projets qui a lieu au Mali. Ils ont parlé de difficultés, des objectifs et des perspectives du projet en soulignant l'importance du dialogue et de la coopération entre les pays. Pour illustrer leurs propos, ils ont expliqué comme les dons de vieux ordinateurs de la part des pays développés avaient permis à un pays comme le Mali de commencer à enregistrer les nouveau-nés.

M. Valot a expos√© les principales difficult√©s que rencontrait le volontariat en Afrique; celles-ci se r√©sument √† la sensibilisation et au besoin de mat√©riel. Il a continu√© √† pr√©senter son travail avec le maire de Tombouctou et Afrique Initiatives ainsi que d'autres acteurs qui ont aid√© √† installer la premi√®re mairie du Mali en ligne (www.tombouctou.net). Il a √©galement parl√© de l'UNITes, le service de technologie des Nations Unies (www.unites.org), un programme de VNU. Dans le contexte de leur travail au Mali, le r√īle des VNU est d'offrir de la formation en collaboration avec des partenaires locaux et nationaux.

Diana Trahan a présenté Cyberjeunes (Netcops), un programme de Jeunesse Canada Monde, quipermet à de jeunes Canadiens de vivre une expérience de volontariat en Afrique, en Amérique latine ou en Europe de l'Est. Le travail de Cyberjeunes consiste principalement en du volontariat relié aux TIC et à Internet, en des formations ainsi qu'en de la programmation Internet et de banque de données.

Cyberjeunes est une coalition d'ONG qui existe depuis cinq ans, et qui est financée par le Gouvernement du Canada. Chaque année, Cyberjeunes envoie plus de 250 volontaires dans le monde entier pour aider dans presque tous les domaines allant de l'agriculture au développement. Mme Trahan a ensuite projeté une vidéo pour présenter la mission et les projets de du programme ainsi que quelques-uns de ses partenaires. Cyberjeunes (Netcorps) travaille entre autres avec Geekcorps, (www.geekcorps.org), une organisation américaine qui combine les experts du secteur privé avec les besoins des pays en développement. Geekcoprs est née en tant que "spin-off" au moment du boum des compagnies Internet dans la Silicon Valley.

Cyberjeunes (Netcorps) travaille également avec Net Corps Americas (www.netcorpsamericas.org), un projet de Trust of the Americas (TOA) qui apporte une assistance en technologie à des personnes vivant avec un handicaps dans les Amériques. Net Corps Americas fait appel à des volontaires spécialisés dans le domaine des technologies. Elle engage et envoie environ 15 à 20 volontaires qui parlent anglais ou espagnol et qui ont des connaissances en TIC pour aider les organisations avec qui elle a un partenariat.

Mme Trahan a expliqu√© qu'au d√©but, en 1999, il √©tait difficile de trouver des volontaires, en partie √† cause d'un manque de promotion du programme, mais que, gr√Ęce √† l'exp√©rience, au bouche-√†-oreille et aux changements survenus dans l'√©conomie, les choses ont chang√©.

Date: 7 décembre 2003, 13h40 à 15h40
Modérateur: Anthony Carlisle, IAVE Asia Pacific
Rapporteurs: Randy Schmieder, Laila Petrone, Cornelia Rauchberger
Orateurs: Sandra Blanco, Fondation pour la solidarit√© et le volontariat de la communaut√© valencienne 
Marcus Hallside, AMS Advanced Maintenance Systems Ltd. 
Dr. Mike Naftali, Topaz International 
Dr. Haim Ayalon, Topaz International  
Luz Stella Alvarez et Carlos Rodrigues, IAVE Amérique latine

L'après-midi a commencé avec la présentation d'un documentaire de 25 minutes qui portait sur l'utilisation d'Internet au Sénégal et au Mali. Ce film montre que la fracture numérique ne se situe pas seulement entre le Nord et le Sud, mais peut-être encore plus entre l'Afrique urbaine et l'Afrique rurale. De plus, il ne faut pas penser que l'expansion de la technologie devrait être accomplie à n'importe quel prix et par n'importe quel moyen. Le personnage principal du documentaire, un Touareg qui vit dans le désert du Sahel, résume bien cette idée quand il affirme: "Vous, dans l'Occident, vous dépendez du temps, mais ici c'est le temps qui dépend de nous; (...) je ne suis pas contre la technologie, ajoute-t-il, mais nous avons d'autres priorités. Dans ma tribu nous sommes 2'000 personnes et je suis le seul à savoir lire et écrire."

Cette session a également examiné le statut actuel du volontariat et des nouvelles technologies dans toutes les parties du monde en analysant ses forces, ses faiblesses, les possibilités qu'il offrait et les menaces qui sévissaient dans chaque région.

Europe

Sandra Blanco de la Fondation pour la solidarit√© et le volontariat de communaut√© valencienne(FSVCV) a pr√©sent√© le travail de sa fondation: 1'600 associations et 60'000 volontaires b√©n√©ficient directement et indirectement de l'aide que fournit la fondation. Souvent, le mat√©riel informatique n√©cessaire est trop cher pour les organisations de volontariat disposant de moyens tr√®s modestes. C'est la raison pour laquelle qu'il est essentiel d'√©tablir des partenariats avec des soci√©t√©s telles que Microsoft. Cette derni√®re a fait d'importants dons √† la FSVCV dont des logiciels, des ordinateurs et du mat√©riel divers. Mme Blanco a soulign√© qu'un plan de mise en oeuvre peut √™tre extr√™mement utile lorsqu'on travaille avec les TIC, dans la mesure o√Ļ il fournit les d√©tails techniques sur le mat√©riel et les logiciels, ainsi facilitant l'organisation ou la mise en application du programme.

Dr Mike Naftali et Dr Haim Ayalon (Topaz International) ainsi que Marcus Hallside (AMS - Advanced Maintenance Systems Ltd.) ont parlé de partenariat entre le secteur public et privé.

Ils ont présenté Topaz International, une ONG israélienne, et ont exposé leur concept servant à gérer le risque et les ressources dans le domaine du volontariat. Topaz a été créée il y a environ quatre ans et se spécialise dans l'appui de la jeunesse dans les pays en développement et contre le travail des enfants. Ils ont commencé leur présentation en posant deux questions: (1) pourquoi est-il important d'utiliser les TIC? (2) comment aider les ONG à utiliser ces nouvelles technologies et à en profiter pour atteindre leurs objectifs? Ils ont souligné que lorsqu'on parle de fracture numérique, il est important de se rappeler que plus la technologie avance et plus la fracture s'aggravera. Cependant, une bonne infrastructure permet de mieux gérer les ONG. En effet, elle facilite la collecte de fonds, elle permet d'optimiser les connaissances et les compétences, de gérer de façon efficace les clients, de surveiller les programmes ainsi que de s'occuper des ressources humaines et de les gérer.

Hafuch al Hafuchis est un exemple de centre qui s'occupe des jeunes gens en difficult√© en les aidant √† trouver un travail et un nouvel endroit o√Ļ vivre. Le centre accomplit un travail de proximit√© √† l'aide de onze vans √©quip√©s d'ordinateurs, transform√©s en lieu de formation. Les formateurs sont des volontaires. Il n'est pas rare qu'une fois form√©s, les jeunes deviennent eux-m√™mes formateurs pour former d'autres. C'est l'un des √©l√©ments de succ√®s du programme. Ce dernier n'√©tablit pas une collection exhaustive de donn√©es, mais se concentre plut√īt sur la personne, en assurant un suivi de cas individuels. Les TIC sont utilis√©es pour g√©rer et pour mieux surveiller les diverses ressources et processus possibles. Les probl√®mes principaux des TIC sont qu'elles sont ch√®res. De plus, elles comportent des risques pour le d√©veloppement, dans la mesure o√Ļ elles mettent l'accent plus facilement sur donn√©es purement quantitatives plut√īt que qualitatives. Les activit√©s du centre sont tr√®s dynamiques et les d√©cisions sont nombreuses; les TIC rendent possible la saisie de les donn√©es pertinentes et la cr√©ation de proc√©dures permettent de traiter au mieux les donn√©es enregistr√©es. Le probl√®me du volontariat est que les volontaires restent souvent que pour des courtes p√©riodes, ce qui rend difficile la cr√©ation d'une √©quipe stable. Pour utiliser ad√©quatement les TIC dans cet environnement, il est essentiel de disposer d'une pr√©sentation simple et claire des fonctionnalit√©s et applications technologiques. Les TIC permettent de savoir o√Ļ on peut trouver des jeunes ayant besoin d'aide; ils facilitent √©galement l'organisation des horaires des √©v√©nements, ainsi que la communication interne. L'exp√©rience du centre montre que les TIC peuvent amener de grandes am√©liorations √† condition qu'elles soient bien utilis√©es.

Amérique latine

Carlos Rodriquez (IAVE Colombia, www.iave.colombia.net) a présenté la situation d'IAVE dans le domaine des TIC en Amérique latine. Il a affirmé que toutes les TIC n'étaient pas adéquates pour le secteur du volontariat. Pour discuter de questions relatives aux TIC, IAVE Colombia a pris l'initiative d'organiser une table ronde avec des groupes à intérêts multiples. Ils ont essayé de savoir quel était le meilleur type de TIC, pour quel domaine en particulier, quelles autres applications étaient possibles et ce qui devrait être recommandé pour les pays d'Amérique latine en particulier.

Tout en se concentrant sur les besoins du secteur du volontariat, ils ont proposé de formuler des politiques publiques qui appuient l'utilisation des TIC dans le domaine du volontariat. Selon M. Rodrigues, on a davantage besoin de politiques publiques que de politiques gouvernementales. En effet, malheureusement, ajouta-t-il, la corruption est un problème très important en Amérique latine qui touche de nombreux gouvernements de la région. De plus, IAVE Amérique latine a proposé la mise en place d'un système d'information intitulé "pour le volontariat". Les guillemets indiquent que ce système doit être conçu pour ses bénéficiaires, c'est-à-dire les personnes et les organisations travaillant dans le domaine du volontariat. Il doit également être facile à utiliser et réellement bénéfique pour l'utilisateur. Il est donc essentiel de penser à des applications pratiques qu'il pourrait avoir et d'assurer des formations dans le domaine. M. Rodrigues a expliqué qu'après son expérience, "les gens associent les TIC avec le matériel informatique. Cependant, l'utilisation des TIC implique beaucoup plus que cela, il s'agit d'un certain savoir-faire qui ne se limite pas à des solutions strictement matérielles." M. Rodrigues a ajouté que IAVE Amérique latine appuie l'utilisation de logiciels libres. A l'instar de Susana Ellis dans son discours, M. Rodrigues a insisté sur le fait qu'il existe un sujet qui est de plus en plus sensible localement: "Nous avons besoin de plus de pages en espagnol".

Selon M. Rodrigues, les difficultés principales liées aux TIC et au volontariat sont:

  • Manque de ressources financi√®res
  • Probl√®mes culturels (r√©sistance au changement, individualisme)
  • Langue
  • Manque de promotion (ONG, gouvernements, m√©dias)
  • Bas niveaux d'√©ducation

Du point de vue de Luz Stella Alvarez, également d'IAVE Columbie, le programme local a beaucoup évolué depuis les six derniers mois.

Questions

Mikael H. Snaprud (Agder University College, Department of ICTs) de Norvège a demandé si les volontaires pouvaient fournir des logiciels libres servant à créer et héberger des sites que l'on peut télécharger du monde entier; ces logiciels seraient particulièrement utiles pour les personnes souffrant de handicaps.

Les r√©actions √† cette question √©taient mitig√©es. Certains pensaient qu'il s'agissait d'une fa√ßon d'avoir de bons rendements tout en d√©boursant des frais minimaux. Un d√©l√©gu√© a cherch√© √† avoir de l'espace sur le serveur d'IAVE en affirmant que l'acc√®s dans son pays pouvait co√Ľter jusqu'√† 200 dollars am√©ricains par mois. (NDLR: on peut acheter de l'espace sur un serveur partout dans le monde, cela n'aura aucun effet sur les frais de connexion).

Tendances dans le domaine du volontariat et des TIC

Date: 7 décembre 2003, 13h45 à 14h40
Modérateur: Viola Krebs, ICVolunteers et Point de Contact de la Famille des Volontaires du SMSI
Rapporteurs: Randy Schmieder
Orateurs: Ovid Tzeng, Academia Sinica, EduCity: un réseau de volontaires dans le domaine de l'éducation
Manuel Acevedo, Consultant pour VNU, Université libre de Catalogne

Pendant cette session, on a partagé des idées sur les possibilités intéressantes qu'offrait le développement des nouvelles technologies pour l'expansion du volontariat.

Ovid Tzeng de Academia Sinica, EduCities a expliqu√© qu'un r√©seau de volontaires en √©ducation a pr√©sent√© EduCity, la premi√®re ville √©ducative au monde qui d'ailleurs a √©t√© un v√©ritable succ√®s. L'id√©e principale est que tout le monde puisse √™tre pr√©sent et utiliser le net. Lorsque la science progresse, la civilisation change de nature. Dans le pass√©, les gens habitaient dans leur village et pensaient que le monde √©tait illimit√©, maintenant tout est si petit. La r√©volution industrielle a amen√© la manipulation et l'automatisation, le partage de la r√©volution num√©rique et son acc√®s libre, la gestion de la r√©volution biotechnologique et l'am√©lioration de la qualit√© de vie. De nos jours, il y a ceux qui ont acc√®s √† la science et ceux qui sont laiss√©s √† l'√©cart. Les comp√©tences doivent √™tre d√©velopp√©es √† tous les niveaux. Il est important de changer la vision de l'√©tudiant et que nous aidions √† assurer l'√©mergence d'une soci√©t√© en r√©seau et d'une √©ducation bas√©e sur la communaut√©. Tous ceux qui se joignent √† nous sont des volontaires qui ont pour objectif d'enseigner, d'apprendre et de promouvoir les notions de responsabilit√© sociale et de bon citoyen. Il s'agit d'un r√©seau interactif et il est √©vident que les √©tudiants s'y int√©ressent et pourraient m√™me aider dans l'enseignement. Par exemple, un jeune de 13 ans qui a gagn√© le prix du meilleur professeur en ligne cr√©ait des cours sur Internet auxquels de nombreuses personnes assistaient. C'est ainsi qu'on peut r√©aliser l'apprentissage et l'enseignement √† l'√©chelle d'une vie. Au total, 1,3 million de citoyens participent aux 2400 cours dans 25000 classes sur le net. Le mod√®le de l'enseignement change √©galement. Les appareils d'enseignement mobiles connectent les classes, les autobus scolaires sans fils et cr√©ent un environnement qui facilite l'apprentissage. Les experts peuvent participer aux discussions en utilisant des ordinateurs de poche et des portables alors que l'√©tudiant lui est en pleine campagne. Il devient donc possible d'apprendre n'importe o√Ļ, ce qui met l'accent sur l'importance d'apprendre comment vivre dans une soci√©t√© de l'information moderne.

Manuel Acevedo, un consultant de VNU, a cit√© un √©crivain d'Afrique du Sud: "la pauvret√© est la somme de toutes ses faims". Si on utilise bient√īt les TIC comme outil la question est de savoir pour quoi on les utiliserait. Selon Acevedo, si on consid√®re l'information comme mati√®re premi√®re, les TIC auront au bout du compte une valeur, celle que les gens accorderont √† l'information. Il ne s'agit pas seulement de permettre √† l'agriculture d'avoir acc√®s gr√Ęce √† Internet aux les prix qui l'int√©ressent. Comment les volontaires peuvent aider √† combler le foss√© num√©rique? Les strat√©gies de d√©veloppement doivent √™tre adapt√©es √† la soci√©t√© de l'information √©mergeante, ce √† quoi les volontaires ont d√©j√† largement contribu√©. Le volontariat devient un atout important pour la cr√©ation d'une soci√©t√© plus inclusive. Il y a des personnes comp√©tentes qui veulent contribuer √† l'expansion des TIC et am√©liorer l'action de d√©veloppement. Il existe d'ailleurs plusieurs organisations qui se sp√©cialisent dans ce domaine comme l'initiative UNITeS. Et si on se demande s'il faut choisir les ordinateurs ou la nourriture, on se pose la mauvaise question: Les TIC peuvent permettre le d√©veloppement humain. En effet, l'information est une mati√®re premi√®re et elle doit √™tre disponible parce qu'elle permet le d√©veloppement humain. Il est n√©cessaire que diff√©rents types d'information soient accessibles car elles peuvent toutes √™tre utiles, comme le prix d'une r√©colte pour un agriculteur. Les volontaires peuvent amener les TIC √† ces personnes. On peut donc dire que le volontariat en TIC fait partie du domaine du d√©veloppement humain. La question inverse se pose √©galement: quel est l'incidence des TIC sur le volontariat? Les TIC sont tr√®s utiles pour le travail des volontaires. Si on les utilise de fa√ßon efficace elles am√©lioreront l'action de l'organisation et rend l'implication d'un plus grand nombre de volontaires possible, y compris les volontaires en ligne. Elles am√©liorent √©galement la gestion des volontaires et la communication entre ces derniers. Le volontariat en ligne est l'expression la plus simple de l'organisation des volontaires en r√©seau. Aujourd'hui les r√©seaux g√©n√®rent le savoir et le savoir est partag√© gr√Ęce √† eux. Les deux questions les plus importantes qu'il reste √† r√©soudre aujourd'hui sont les suivantes: quels types de r√©seaux peuvent exister? et comment peuvent-ils mieux fonctionner?

Les réseaux de volontaires ont pour atout d'augmenter considérablement la coopération internationale. Acevedo a choisi de laisser tomber certains de ses problèmes secondaires pour se concentrer directement sur l'intégration des compétences dans le développement des TIC. Etant donné que les compétences humaines sont ce qu'il y a de plus important, peu importe les résolution prises pendant le SMSI, elles auront plus de chance de réussir si on y tient compte de volontariat. En conclusion, les TIC sont une ressource puissante de développement qui exploite le pouvoir des réseaux.

Forum ouvert sur le développement du volontariat et dans la société de l'information

Date: 7 décembre 2003, 14h40 à 15h00
Modérateur: Viola Krebs, ICVolunteers et Point de Contact de la Famille des Volontaires su SMSI
Rapporteurs: Randy Schmieder

Pendant ce forum et la synthèse qui suit les participants ont précisé leurs idées au sujet de la façon dont le volontariat pourrait contribuer au développement humain et à combler le fossé numérique dans l'avenir. Le modérateur, Mme Krebs, a fait référence au papier de Sfeir Younis, "Volunteer capital".

Forum

Mikael H. Snaprud (Agder University College, D√©partement des TIC, Norv√®ge) a pr√©cis√© qu'il √©tait n√©cessaire de fournir des normes publiques pour les logiciels. A ce sujet, il a sugg√©r√© le W3C. Michael Jordan de International Council of Carrying Communities a sugg√©r√© que les Jeux olympiques devraient aider √† promouvoir certaines des questions soulev√©es. Il a dit qu'il pr√©parerait un papier pour d√©velopper ses id√©es. R√©ponse de Manuel: int√©ressant mais je ne sais pas. Une telle promotion permettrait d'avoir une bonne visibilit√© ou devrait le faire. "Je sais que vous √™tes tous tr√®s actifs mais quand arrive le moment o√Ļ il faut dire aux gouvernements que les ONG aident vraiment, le fait d√©crire cette contribution en termes √©conomiques est tr√®s int√©ressant."

Les TIC existent et offrent une panoplie de possibilités attrayantes. Les volontaires quant à eux sont disponibles. Les deux problèmes principaux qui se sont posés quand on a voulu combiner ces deux éléments sont les suivants:

1) Le besoin d'infrastructure (organisation et coordination)

  • Connecter les volontaires entre eux gr√Ęce √† la technologie
  • Connecter les volontaires √† la technologie
  • Permettre aux volontaires d'utiliser la technologie pour combler le foss√© num√©rique

2) Les moyens financiers pour mettre en place les infrastructures nécessaires

Synthèse et discours liminaire sur les visions et les objectifs communs

Date: 7 décembre 2003, 15h00 à 15h40
Modérateur: Viola Krebs, ICVolunteers et Point de Contact de la Famille des Volontaires du SMSI
Rapporteurs: Randy Schmieder

Pendant cette session, les participants de plusieurs r√©gions ont pr√©sent√© des exemples o√Ļ le volontariat a contribu√© au d√©veloppement humain et a aid√© √† combler le foss√© num√©rique avec succ√®s.

Naidoo Kumi Naidoo de CIVICUS (World Alliance for Citizen Participation) a imm√©diatement voulu d√©truire le st√©r√©otype des volontaires en tant que personne qui aide. Une t√Ęche des volontaires est de combler le foss√© qui existe entre le volontariat et le militantisme social, foss√© qui induit beaucoup en erreur: "La plupart des gens associe le volontariat avec la soupe populaire. Nous devons changer ce pr√©jug√©. Il est inutile d'essayer de r√©gler le probl√®me de la fracture num√©rique sans faire le lien avec d'autres probl√®mes mondiaux plus importants. La conclusion √† laquelle nous sommes arriv√©s est que nous vivons dans un monde d'in√©galit√©. Le co√Ľt de la nourriture pour chien dans le Nord et souvent sup√©rieur au co√Ľt de la vie dans le Sud", a soulign√© M. Naidoo.

Il a poursuivi en disant que ce qu'il y a avait de plus intéressant dans les mouvements anti-mondialisation est qu'il s'agissait des mouvements les plus mondialisés qui soient. Les TIC permettent aux gens de travailler sans tenir compte des frontières et de mobiliser un nombre important de personnes.

Cependant, Naidoo a également précisé que les TIC comportaient des risques comme la pornographie infantile, l'antisémitisme, l'islamophobie qui sont des problèmes bien connus.

Défis:

D'abord, M. Naidoo a dit qu'il était important de distinguer les deux volets du débat. D'une part, nous nous demandons comment promouvoir le développement et, d'autre part, nous nous demandons comment aider les volontaires à participer au monde des TIC en le rendant plus juste.

M. Naidoo ensuite ajouté qu'il fallait faire des choix difficiles quand il s'agissait de fracture numérique. Il est donc important de bien réfléchir aux choix que nous faisons pour pouvoir répondre aux critiques. Ainsi, comment peut-on parler d'accès à Internet et aux TIC pour des gens qui ont le VIH? Devrions-nous nous occuper des personnes les plus marginalisées? Devons-nous investir dans des gens dont la durée de vie est limitée? Que devons-nous faire des problèmes linguistiques?

Le troisi√®me probl√®me est que le volontariat peut agir sur trois niveaux ou sur un seul: le macro-niveau (gouvernance), le mezzo-niveau (politique) et le micro-niveau (aide directe). Sur lequel de ces niveaux devrions-nous travailler? Le micro-niveau est g√©n√©ralement celui sur lequel nous agissons, c'est-√†-dire la logistique. Cependant, si nous ne travaillons √©galement pas au mezzo-niveau en proposant des politiques et en fournissant des fonds (devrait-il y avoir un fonds d'appui √† l'acc√®s aux TIC) et au macro-niveau en s'occupant des questions comme la gestion d'Internet et la reconnaissance des volontaires comme un partenaire d'importance au niveau mondial, nous allons nous trouver dans une impasse. "Nous devons √™tre convaincus que nous avons une voix plut√īt que simplement attendre les d√©cisions et s'y adapter".

Finalement, il a évoqué un dernier problème: le domaine des ICT est truffé de termes techniques et les sujets dont on parle sont en effet souvent de nature technocratique. Ainsi, "nous prenons le risque de mettre le travail que nous avons déjà effectué en danger parce que les gens ne comprendront pas ce que nous faisons. La question sera de s'assurer que ce que nous ajoutons à notre travail est compréhensible pour tout le monde", affirma Naidoo.

Le volontariat est par dessus tout une action guidée par la compassion, la solidarité et l'amour et quand il s'agit de traiter d'un sujet technique, il est difficile de garder ces valeurs à l'esprit.

M. Naidoo a ensuite cité John Clark, conseiller en politique chez Oxfam depuis plusieurs années, qui a dit une fois pendant une réunion de Civicus aux Philippines: "Si vous donnez un poisson à un homme, vous lui donnez la nourriture dont il a besoin pour une journée". Puis, en se rendant compte que ce n'était pas là la fin de l'histoire, il ajouta: "Si vous apprenez à homme comment pêcher, aura-t-il accès à une eau non polluée?"

M. Naidoo expliqua ensuite l'idée plus simplement: "Les gens ont des compétences acquises. Nous devons améliorer ces compétences." Il insista ensuite sur le besoin d'examiner les questions d'accès et de pouvoir. Il a terminé en disant que si nous ne réussissions pas à nous poser des questions sur ces deux sujets nous échouerons, peu importe le nombre de formations que nous organiserons.

Groupe spécial: applications réussies de TIC dans le domaine du volontariat

Date: 8 décembre 2003, 9h00 à 10h00
Modérateur: Diane Trahan, Netcorps Cyberjeunes
Rapporteurs: Topias Issakainen, ICVolontaires
Orateurs: Luis Felipe Murray of Sociedade Iko Poran 
Pierre Carpentier (Afrique Initatives, people@net  
Mohamed Ibrahim Cisse, Maire de Tombouctou 
Arman Vermishyan de Internet Forum Environment Armenia 
Bill Gunyon, OneWorld Directeur de projet et coordinateur de the OneWorld Volunteer Editors

Les pr√©sentateurs membres de gouvernements, d'ONG ou d'organisations du secteur priv√© ont donn√© des exemples de partenariats r√©ussis entre le secteur du volontariat et d'autres secteurs. Luis Felipe Murray de Sociedade Iko Poran (Br√©sil) a expliqu√© comment le partenariat menait √† des synergies √† la fois entre les ONG elles-m√™mes et entre les ONG et le secteur priv√©. D'abord, Pierre Carpentier d'Afrique Initiatives, une soci√©t√© du secteur priv√©, a expliqu√© comment les volontaires et le secteur priv√© ont des r√īles compl√©mentaires dans le domaine du d√©veloppement durable. Puis, Mohammed Ibrahim Ciss√©, Maire de Tombouctou (Mali), a montr√© comment les gouvernements, notamment ceux des pays en d√©veloppement, peuvent b√©n√©ficier des partenariats impliquant plusieurs acteurs, y compris les volontaires, en donnant l'exemple de sa ville. Arman Vermishyan du Youth Environment Center Network (Arm√©nie), quant √† lui, a expliqu√© que la combinaison du volontariat avec les TIC peut augmenter la participation des jeunes dans des d√©cisions qui avaient une incidence sur leur vie et leur avenir, notamment celles concernant l'Europe de l'Est. Finalement, Bill Gunyon, chef de OneWorld Volunteer Editors, a parl√© de la combinaison entre un esprit volontaire et l'acc√®s aux m√©dias mondiaux et de la fa√ßon dont de cette union pouvait augmenter la transparence, l'autonomie et le d√©veloppement durable.

Le partenariat mène à la synergie au Brésil: l'exemple de Iko Poran

Luis Felipe Murray de Sociedade Iko Poran (Brésil) (www.ikoporan.org). L'ONG Iko Poran (IKP) a pour mission de soutenir le nombre croissant d'ONG au Brésil et de les renforcer. IKP voit le volontariat comme un partenariat devant aussi bien satisfaire les volontaires que profiter aux ONG concernées. Etant donné que ces deux acteurs ont des intérêts communs, les deux en seront valorisés. De toutes façons, les organisations du secteur tertiaire ne réussiront pas en travaillant seules. Toutefois les traditionnelles motivations philanthropiques du volontariat cèdent la place aux alliances stratégiques. En effet, IKP compte parmi ses principaux partenaires IBM, VNU, l'UNESCO, Yes Brazil (grande boutique de mode), les organisations touristiques et le Programme des Volontaires Internationaux Associés (basé aux Etats-Unis).

L'un des partenariats les plus int√©ressants d'IKP est celui d'IBM. En effet, IBM ach√®te certains services √† IKP et, par la m√™me occasion, ouvre √† cette derni√®re de nouveaux march√©s. Ainsi, il existe un programme qui permet √† dix employ√©s issus de diff√©rents services d'IBM d'installer des ordinateurs dans de petits villages br√©siliens. Dans cette op√©ration, tout le monde y trouve son compte: l'√©cole bien s√Ľr, mais aussi IBM qui assure l'expansion de sa responsabilit√© d'entreprise. De plus, les employ√©s d'IBM peuvent ainsi d√©couvrir la r√©alit√© sur le terrain, retourner au travail, plus motiv√©s, et partager leur exp√©rience avec leurs coll√®gues. Les int√©r√™ts d'IBM et d'IKP ne sont pas identiques, ils se compl√®tent n√©anmoins parfaitement.

Travailler avec des volontaires pour trouver des modèles de développement durable en Afrique

Pierre Carpentier (Afrique Initatives, people@net) a expliqu√© comment il avait progressivement appr√©ci√© les volontaires en tant que partenaires. Selon M. Carpentier, la coop√©ration entre le secteur priv√© et la soci√©t√© civile est non seulement possible, mais n√©cessaire. Tant le secteur priv√© que tous les autres acteurs ont besoin l'un de l'autre pour efficacement faire face aux probl√®mes mondiaux, tels que le d√©veloppement durable. Un projet durable est un mod√®le √©conomiquement viable et, par cons√©quent, reproductible en d'autres lieux. Carpentier a expliqu√© que, vu que sa compagnie est principalement active sur le continent africain, la solidarit√© est un √©l√©ment cl√© pour son travail. Afrique Initatives a besoin de partenariats r√©els et solides. La Famille des Volontaires est un partenaire id√©al car il s'agit d'un organisme qui se trouve sur le terrain, ce qui veut dire que les volontaires sont familiers avec les probl√®mes de d√©veloppement et les besoins concrets. P√©sinet, un projet d'Afrique Initiatives √† St Louis (S√©n√©gal) montre qu'il existe des applications de TIC dont la durabilit√© peut √™tre assur√©e. Sur 30 propositions, huit ont effectivement √©t√© mises en?uvre et ont aujourd'hui √©t√© adopt√©es par la population locale. Une √©quipe de dix personnes collaborant avec ENDA Tiers-Monde et d'autres services ont fourni des prestations telles que la m√©t√©orologie pour la p√™che ou encore une antenne de sant√© pour enfants. Cette derni√®re permet aux m√©decins de surveiller la sant√© des plus jeunes en suivant les courbes de poids des nourrissons. M. Carpentier consid√®re qu'√† l'heure actuelle les possibilit√©s de commerce √©lectronique sont plut√īt limit√©es voire qu'elles rel√®veraient de la science-fiction. Tout syst√®me viable peut trouver sa place gr√Ęce au financement et au partenariat technique. Enfin, ce sont les volontaires qui peuvent garantir sa bonne mise en oeuvre, comme le prouve l'administration virtuelle de Tombouctou (www.tombouctou.net).

Mohamed Ibrahim Cisse, Maire de Tombouctou, Mairie virtuelle

Entourée par le désert, Tombouctou, ville ancienne située près du fleuve du Niger, est non seulement un centre culturel et d'éducation, mais également un chef-lieu administratif du Mali. Un télécentre communautaire polyvalent comprenant un cybercafé y a été créé en 1998. A Tombouctou, il existe un intérêt croissant pour les nouvelles technologies et la connectivité avec le monde extérieur.

Les jeunes sont les principaux utilisateurs de ce centre, mais d'autres entit√©s (groupements de femmes, groupes religieux et autres) l'utilisent √† des fins administratives et de gestion. La connexion y est quasiment gratuite, ce qui permet aux √©l√®ves de l'utiliser pour leurs √©tudes. Le site www.tombouctou.net donne diverses informations d'ordre r√©gional, tandis que le service "la mairie vous √©coute" permet aux populations locales d'avoir des informations sur les d√©marches administratives. Le r√©sultat de cet int√©r√™t pour la technologie et de l'ouverture au monde ext√©rieur est que Tombouctou, l'une des 703 communes du Mali, est sortie de l'isolement et que les autorit√©s locales, d√©centralis√©es, sont plus transparentes. Cela a √©t√© possible gr√Ęce √† des financements venant de l'ONU et il est souhaitable de pouvoir √©tendre ce type d'exp√©rience √† d'autres communes.

La t√©l√©-m√©decine est une autre application des nouvelles technologies: les m√©decins, isol√©s dans les communes rurales peuvent, gr√Ęce √† Internet, recevoir des informations de coll√®gues exp√©riment√©s situ√©s √† des milliers de kilom√®tres, rendant ainsi possible le traitement de patients dans leurs propres villages. En effet, les d√©placements vers la ville sont souvent difficiles, voire impossibles.

Combiner la jeunesse, l'environnement et Internet en Europe de l'Est

Arman Vermishyan du "Internet Forum Environment Armenia" a pr√©sent√© son projet: un r√©seau de centres jeunesse pour l'environnement. Il a soulign√© que les co√Ľts √©lev√©s des services Internet dans les pays en d√©veloppement font que l'acc√®s y est insuffisant voire impossible, ce qui est particuli√®rement probl√©matique pour les √©tudiants. De plus, m√™me lorsque l'acc√®s au r√©seau existe, l'information n'est pas toujours utilis√©e de mani√®re efficace et utile. La jeunesse arm√©nienne porte un grand int√©r√™t pour l'environnement, mais il y a une p√©nurie des centres de formation. Cette p√©nurie a pour cons√©quence une mauvaise coordination des activit√©s tant au niveau local que national. Il existe de nombreux probl√®mes sur le plan local et un r√©seau rendrait possible l'int√©gration des communaut√©s rurales dans le processus de d√©cision. Vermishyan a expliqu√© que lui et ses coll√®gues √©taient √† la recherche de fonds pour cr√©er le r√©seau de centres jeunesse pour l'environnement (YECs), dont les objectifs sont de promouvoir les activit√©s environnementales, de fournir de l'information et d'assurer formation et s√©minaires. Le but du r√©seau est d'√©tablir un lien entre les diff√©rentes branches des YECs, ainsi qu'entre les YECs, le gouvernement et les organisations internationales.

OneWorld Volunteer Editors: √©laborer des nouvelles dans le Sud pour les Nord gr√Ęce au volontariat

Gr√Ęce √† un r√©seau de 12 centres r√©gionaux, OneWorld a cr√©√© une communaut√© virtuelle connectant plus de 1 500 organisations partenaires actives dans les domaines des droits de l'homme et du d√©veloppement durable. Son produit le plus visible est le portail de d√©veloppement www.oneworld.net, site multilingue cr√©√© en 1996, fr√©quent√© aujourd'hui par les internautes d'une centaine de pays √† la recherche de nouvelles et d'analyses concernant des sujets souvent n√©glig√©s par les m√©dias g√©n√©ralistes. Jusqu'√† tout r√©cemment, les √©diteurs du site √©taient tous des journalistes professionnels ou des travailleurs du d√©veloppement, mais, √† l'heure actuelle, des pages sp√©cifiques sont √©dit√©es par des volontaires. Ces volontaires (aujourd'hui au nombre de 35) sont recrut√©s par Netaid, le site et le bureau r√©gional de OneWorld. Les √©diteurs volontaires ont chang√© la perspective strat√©gique de toute l'organisation et contribuent √† corriger le d√©s√©quilibre cons√©quent √† la pr√©dominance d'√©diteurs du Nord. Dans le cas du S√©n√©gal et d'autres pays, des volontaires locaux se chargent de mettre √† jour le contenu des pages du site. L'information est alors fournie par des personnes du Sud et lue principalement par un public r√©sidant aux Etats-Unis et en Europe. Vu l'impossibilit√© de former les volontaires sur place, OneWorld a √©galement d√©velopp√© une version simplifi√©e du syst√®me de gestion de contenu, permettant aux √©diteurs volontaires d'enregistrer leurs articles directement sur le portail de OneWorld. Des outils de gestion d'articles permettent aux coordinateurs de OneWorld d'√©diter et de publier les articles √©crits par des volontaires dans les diff√©rents pays. Dans le contexte de ce projet, ces outils sont l'illustration la plus √©vidente des possibilit√©s d'application des TIC dans les pays en d√©veloppement, par le fait qu'elle connecte directement des volontaires du Sud √† un public mondial.

Groupe de discussion sur la façon dont les volontaires peuvent renforcer les TIC et les TIC renforcer le volontariat

Date: 8 décembre 2003, 10h00 à 12h00
Modérateur: Kenn Allen
Rapporteurs: Randy Schmieder
Orateurs: Luis Felipe Murray de Sociedade Iko Poran 
Pierre Carpentier (Afrique Initatives, people@net) 
Mohamed Ibrahim Cisse, Maire de Tombouctou 
Arman Vermishyan de Internet Forum Environment Armenia 
Bill Gunyon, OneWorld Directeur de projet r et coordinateur de OneWorld Volunteer Editors

La présente session a permis aux participants d'échanger leurs points de vue au sein de petits groupes de discussion formés en fonction des langues de chacun (anglais, français et espagnol). Les questions suivantes ont été abordées:

  1. Comment renforcer le travail des volontaires en rendant les TIC plus accessibles dans le monde?
  2. Comment utiliser les TIC efficacement pour renforcer le volontariat?

Quelques-uns des points soulevés comprenaient:

  • Le volontariat pourrait rechercher les services de jeunes gens familiers avec les jeux √©lectroniques ou d'√©tudiants √† la recherche d'emploi dans l'informatique, deux importantes sources de volontaires potentielles dans le domaine.
  • Le Fonds de Solidarit√© Num√©rique est potentiellement un bon moyen de r√©duire le foss√© num√©rique, fonds dont les volontaires pourraient √™tre un acteur cl√©. Cependant, il est important de garder √† l'esprit que les programmes de volontariat ne sont pas enti√®rement gratuits et n√©cessitent un budget, une infrastructure, etc.
  • Les volontaires peuvent √™tre tr√®s utiles pour des programmes d'alphab√©tisation, celle-ci √©tant une condition indispensable √† l'utilisation des TIC.
  • Le fait que la communaut√© des logiciels libres ne soit que tr√®s peu repr√©sent√©e dans cette conf√©rence, souligne le besoin de renforcer les liens avec cette communaut√©.
  • Les logiciels libres (Open Office, Linux, etc.) peuvent √™tre facilement traduits par des volontaires. Ce travail pourrait inciter d'autres fournisseurs de logiciels √† √©tendre leur offre et √† proposer leurs produits en plusieurs langues. Par exemple, il a fallu attendre la publication de Open Office en norv√©gien pour que Microsoft Office soit √©galement disponible dans cette langue.
  • Les sites web devraient √™tre compl√©t√©s par des √©tudes de cas et des exemples de bons partenariats (ex. www.worldwidevolunteer.org).
  • Les organisations devraient s'ouvrir aux nouvelles m√©thodes de travail qu'offrent les TIC.
  • Les syst√®mes de t√©l√©maintenance et d'√©dition de contenu devraient √™tre promus car ils permettent aux volontaires motiv√©s de proposer leurs services et leur savoir-faire, quelque soit l'endroit o√Ļ ils se trouvent.
  • Les personnes et les organisations √©tant de plus en plus connect√©es, une plus grande coordination entre organisations est n√©cessaire.
  • Les efforts volontaires repr√©sentent un potentiel d'action efficace important. Cependant, il est essentiel pour les partenaires de comprendre que le volontariat n'est pas synonyme de main d'?uvre gratuite. Les contributions volontaires sont toujours bas√©es sur un √©change et les organisations de volontaires ont besoin de soutien financier pour la mise en?uvre de leurs programmes.
  • Le net devrait √™tre utilis√© pour permettre aux volontaires de travailler plus √©troitement ensemble.

Groupe de discussion: informaticiens sans frontières

Date: 8 décembre 2003, 15h00 à 15h40
Modérateur: Viola Krebs, ICVolunteers et Point de Contact pour la Famille des Volontaires du SMSI
Rapporteurs: Janet Tanburn
Orateurs:
Silvano de Gennero de Informaticiens sans fronti√®res 
Randy Schmieder de MCART 
Manuel Acevedo, Consultant du Programme des Volontaires des Nations Unies 
Henri Valot, Coordinateur du PAVD (Programme d'Appui à la Décenralisation) du Programme des Volontaires des Nations Unies au Mali

Silvano de Gennero du CERN a présenté son idée d'"Informaticiens sans frontières" (ISF). Actuellement, un des plus grands problèmes dans le monde de l'informatique est le manque de durabilité des logiciels. En effet, de nombreux cafés Internet n'ont pas les moyens de mettre à jour de façon régulière leur matériel et leurs logiciels. L'idée de M. De Gennaro est de créer une organisation qui offre un ensemble de logiciels libres destinés à équiper les ordinateurs des pays en développement. Le but de l'organisation serait d'adopter, de recommander, de développer, de distribuer et de maintenir des normes durables et abordables et des ensembles informatiques qui visent à satisfaire les besoins élémentaires en TIC dans les pays en développement.

La solution du logiciel libre pr√©sente plusieurs avantages: ind√©pendance √† l'√©gard des fabricants de logiciels occidentaux, r√©duction des co√Ľts et une meilleure durabilit√© gr√Ęce au transfert de comp√©tences et de connaissances informatiques.

Des ressources locales doivent être disponibles, évoluer avec les innovations technologiques et doivent pouvoir suivre les nouvelles tendances en matière de logiciels et de matériel informatique. De plus, les administrateurs locaux doivent parfaitement comprendre la technologie et pouvoir compter sur un service technique disponible, abordable et solide.

En termes √©conomiques, actuellement, le co√Ľt du mat√©riel informatique baissent alors que ceux des logiciels augmentent. Le probl√®me de la connectivit√© dans les r√©gions recul√©es d√©passe celui des prix abordables. En outre, les co√Ľts mondiaux des TIC ne sont pas adapt√©s au niveau des ressources financi√®res locales. Ainsi, si les ressources locales ne suivent pas l'√©volution des innovations en mati√®re de mat√©riel informatique et de logiciels, une autre fracture num√©rique sera cr√©√©e.

Linux pourrait √™tre la solution: ce syst√®me est utilis√© pour fournir un environnement int√©gr√© gratuit ainsi que des extensions de gestion √† distance qui peuvent √™tre utilis√©es √† partir des Etats-Unis et de l'Europe vers des installations de contr√īle √©loign√©es.

La gestion du mat√©riel local serait encore n√©cessaire mais la cr√©ation et la distribution du kit √©l√©mentaire ne serait pas trop ch√®res. Par exemple, il a suffi de 12 000 dollars pour cr√©er le Web. ISF remplirait le r√īle important d'interface entre les fournisseurs et les utilisateurs.

En ce qui concerne la structure de l'organisation, il est pr√©f√©rable qu'elle soit ind√©pendante car cela lui permettrait de r√©agir et de s'adapter beaucoup plus rapidement que les Nations Unies par exemple. En effet, les scientifiques capables de fournir la technologie ne sont pas n√©cessairement des experts en communication et ne connaissent pas les probl√®mes sur le terrain. ISF aurait une expertise √† la fois en technologie et en besoins de d√©veloppement et garantirait un acc√®s ind√©pendant √† Internet. Le CERN (Centre europ√©en pour la recherche nucl√©aire), o√Ļ le Web a √©t√© invent√© et o√Ļ de nombreux informaticiens travaillent, pr√©sente d√©j√† un grand int√©r√™t. En effet, il serait possible d'y produire un syst√®me libre conventionnel en tr√®s peu de temps.

Pour le développement de logiciels, la standardisation est très importante: idéalement, il devrait y avoir une seule solution applicable à tous les domaines au niveau local et traduisible en plusieurs langues locales.

Les co√Ľts principaux r√©sident dans l'entretien qui devra √™tre assur√© une fois que le kit de d√©part est distribu√© puisqu'il faudra mettre √† jour le mat√©riel informatique et les logiciels.

Randy Schmieder de MCART Design a parl√© de son exp√©rience avec les rapporteurs volontaires qui devaient produire des d√©clarations finales sous forme de rapport ou de CD-ROM. Il a expliqu√© que les probl√®mes principaux n'√©taient pas d'ordre technologique mais humain. Par exemple, la n√©cessit√© d'avoir du personnel qualifi√©; la difficult√© d'obtenir les rapports des rapporteurs et le fait de d√©l√©guer des t√Ęches. Il existe d√©j√† des solutions de logiciels dans le domaine. De plus, le secr√©tariat local √©tait form√© pour utiliser des rapporteurs volontaires et pouvait entrer directement l'information dans des logiciels libres. Les logiciels libres ont un √©norme potentiel et il existe d√©j√† des solutions mais l'√©l√©ment humain est le plus probl√©matique.

Manuel Acevedo, Consultant pour le Programme des Volontaires des Nations Unies, a expliqué que le logiciel est un outil relié au savoir de génération et que plus il était accessible, mieux cela était. ISF pourrait aider à créer des applications sur mesure pour des groupes en particulier. D'ailleurs, le site de l'UNESCO contient déjà de nombreuses applications de ce type. Les gens savent très peu de choses sur les logiciels libres. Pourtant, les besoins et les moyens à combiner pour satisfaire cette demande sont déjà là, mais des moyens financiers sont nécessaires pour évaluer le niveau de cette dernière. De nombreux volontaires s'inscrivent en ligne et une grande partie du potentiel volontaire n'est pas utilisé.

Henri Valot, Coordinateur de PAVD (Programme d'Appui √† la D√©centralisation) du Programme pour les Volontaires des Nations Unies au Mali a soulign√© qu'une intervention d'ISF serait tr√®s utile √† Mopti, une autre r√©gion d√©sertique du Mali au Sud de Tombouctou. Il s'agit aussi d'une r√©gion touristique (connue sous le nom de la Venise du Mali) qui cherche √† op√©rer une certaine d√©centralisation. Ainsi, il serait efficace d'avoir un r√©seau entre l'assembl√©e r√©gionale et les r√©gions locales. Pour ce faire, il est n√©cessaire d'installer des lignes t√©l√©phoniques et des radios, ce qui ne co√Ľterait pas tr√®s cher, environ 180 000 dollars y compris la formation et la conduite du projet. La difficult√© est de savoir quel syst√®me et logiciel installer pour assurer la plus grande flexibilit√©.



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