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Abolir la peine de mort : l’objectif du 4e Congrès Mondial

Photo © John Brownlee
Photo © John Brownlee
Katia Gandolfi
24 février 2010

Le mercredi 24 février 2010 s’est ouvert à Genève le 4ème Congrès mondial contre la peine de mort. Durant trois jours, plus de 1000 représentants de la société civile, des organisations internationales et des gouvernements se sont réunis afin de définir et de renforcer des stratégies communes visant à abolir la peine de mort.

Après Strasbourg en 2001, Montréal en 2004 et Paris en 2007, c’est Genève qui a accueilli à son tour, du 24 au 26 février 2010, les forces abolitionnistes internationales pour créer un mouvement toujours plus fort et plus visible.

Le directeur des Nations Unies à Genève, Sergei Ordzhonikidze -- accompagné de Raphaël Chenuil-Hazan, directeur d’Ensemble contre la peine de mort (ECPM) (www.abolition.fr), association faîtière du congrès, et de la présidente du Conseil national helvétique Pascale Bruderer -- a inauguré le Congrès dans un endroit hautement symbolique : la salle des Droits de l’Homme du Palais des Nations. Les trois orateurs ont souligné l’importance de cette réunion pour faire respecter unanimement le droit humain le plus fondamental : le droit à la vie.

Animée par Darius Rochebin, la matinée s’est poursuivie avec les déclarations des divers partenaires de ce 4ème rendez-vous, telle la Coalition mondiale contre la peine de mort (www.worldcoalition.org), autre instigatrice du congrès. Les intervenants ont rappelé non seulement la « barbarie » d’une telle pratique, mais aussi l’arbitraire avec lequel elle est appliquée. Bianca Jagger, Ambassadrice de bonne volonté du Conseil de l’Europe (www.coe.int), a évoqué la notion de discrimination (sociale, financière, religieuse, ethnique...) à laquelle sont soumis les condamnés, et, en citant Camus: « Mais qu’est-ce donc que l’exécution capitale, sinon le plus prémédité des meurtres ? », a laissé entendre qu’une société civilisée, juste et humaniste ne peut que désapprouver la loi du talion.

Les trois raisons principales motivant le combat contre la peine de mort, à savoir les cas d’erreurs judiciaires, l’inefficacité contre la criminalité et l’atteinte à la dignité humaine d’une pareille pratique, ainsi que l'urgence d'un moratoire, ont été abordées. Car il s’agit bel et bien d’un véritable combat pour une cause commune qui a réuni ces militants du monde entier, comme l’a d’ailleurs déclaré Robert Badinter, ancien ministre de la Justice et auteur de la loi abolissant la peine de mort en France, qui a ouvert le plaidoyer de la matinée aux côtés d’Abdou Diouf, ancien président du Sénégal et Secrétaire Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (www.francophonie.org), et du président espagnol José Louis Rodriguez Zapatero.

Ce dernier s’est engagé à travailler au sein de l’Union Européenne (www.europa.eu) à l’établissement et à l'application d’ici 2015 d’un moratoire universel sur la peine de mort, étape indispensable à l’abolition de la peine capitale dans les pays rétentionnistes. Pour remplir cet objectif, il a proposé la mise sur pied d’une commission internationale qui collaborerait étroitement avec les instances civiles, gouvernementales et internationales. Le président a souligné l’efficacité d’un tel forum pour développer et consolider une coalition mondiale ayant déjà porté ses fruits en convainquant précédemment 19 États de supprimer la peine de mort. Il en a également profité pour inviter le prochain congrès à se réunir en Espagne.

Quant à l’édition 2010 du Congrès, c’est autour de deux principales thématiques, développées en deux sessions plénières, qu’il s’est déroulé. La première s’est donné comme objectif l’interaction entre les diverses institutions internationales et régionales et leur engagement réciproque dans le mouvement abolitionniste, comme l’a mentionné Ruth Dreifuss, ancienne conseillère fédérale et présidente de cette session. La seconde s’est concentrée sur les prochains défis à relever auprès des pays rétentionnistes et en particulier les États-Unis, le Japon, la Chine et l’Iran, où ont lieu la majorité des exécutions. Des tables rondes, des ateliers, des projections et d’autres manifestations artistiques se sont déroulés en marge de ces deux grands débats.

Toutes ces réflexions ont mis en avant la nécessité d’éradiquer la peine capitale et rejoignaient ce que disait Victor Hugo il y a plus d’un siècle : « la peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie ».

ICVolontaires a mobilisé 16 interprètes volontaires pour ce congrès. Les combinaisons linguistiques étaient les suivantes: français, anglais, espagnol.


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