Leçons apprises à Khaolak

Photo: TVC
Photo: TVC
Chongcharoen (Pok) Sornkaew / AS
10 novembre 2005

A Khaolak: volontaires et locaux travaillent main dans la main

Chongcharoen (Pok) Sornkaew est d'origine thaïe et travaille comme volontaire active chez ICV. Au mois de mars de cette année, elle est partie un mois comme volontaire avec Tsunami Volunteer Center (TVC) à Khaolak, une destination sévèrement touchée et démolie par le tsunami du 26 décembre 2004.

Khaolak, qui signifie en thaï "grande montagne importante," est une communauté située à 80 kilomètres de Pukhet (Thailande) où il y a eu le plus grand nombre de morts et de blessés causé par le raz de marée. Avant cette terrible tragédie, cette région était une desti-nation touristique en plein essor pour les vacanciers européens désireux d'échapper à la horde de touristes de la ville de Phuket. Après la catastrophe, Khaolak a attiré en peu de temps l'attention des volontaires nationaux et internationaux. Aujourd'hui, l'intérêt de l'aide est toujours aussi fortement ressenti.

Depuis fin 2004, Khaolak voit arriver des flots de volontaires travaillant main dans la main avec les équipes médicales et sociales thaïes. Les volontaires deviennent partie intégrante de la population locale. Aujourd'hui les opérations d'urgence touchent désormais à leur fin et la phase de reconstruction à moyen-terme et de redéveloppement est en cours.

Le dernier espoir de la population locale réside dans le redéploiement du tourisme. La construction de maisons, d'écoles et de bateaux est actuellement en cours ainsi que l'éducation des enfants, les activités lucratives pour les femmes, la restauration de l'environnement pour ne citer que quelques exemples.
Chongcharoen nous donne quelques recommandations avant un départ comme volontaire vers une destination durement éprouvée: "Il faut mettre de côté du temps et de l'argent car le travail est non rémunéré," souligne-t-elle. Un mois (ou plus) est idéal pour une telle expérience de volontariat, car cela vous donne suf-fisamment de temps pour vous imprégner de la culture locale. Si vous avez moins de temps, n'attendez pas trop, et choisissiez des tâches qui ne demandent pas une formation trop longue. Il est recommandé de s'informer sur le pays, la culture, la religion, la progression du travail accompli ou les besoins non répondus avant votre arrivée. Les volontaires long-terme déjà sur place sont souvent trop absorbés par leurs activités quotidiennes et un système d'orien-tation fonctionnel n'est pas toujours en place. "Il n'y a pas lieu de craindre d'être abandonné sans aide: vous pouvez atterrir dans une communauté sympathique qui fait que chaque jour de votre séjour a un prix."

Chongcharoen insiste sur le fait qu'il faut garder à l'esprit que, bien que les volontaires soient appréciés, ils ne sont pas des héros. Seuls les locaux le sont.

Sur le terrain les choses changent tous les jours bien que les principes clés soient observés: aider les personnes touchées en répondant à leurs besoins. Souvent les choses peuvent paraître désorganisées, chaotiques ou irrationnelles, une conséquence normale après une destruction dont l'ampleur dépasse l'entendement. C'est là où il faut avoir peu ou pas d'attente à ce qui devrait être fait ou pas.

Pour mémo, les Thaïs sont polis et incroyablement arrangeants et généreux même après des pertes inimaginables. Ils n'osent pas dire non à des volontaires innocents qui leur demandent de faire des choses curieuses. Il est important de garder à l'esprit que nous travaillons avec des survivants. C'est grâce à leur incroyable force et leur persévérance  qu'ils ont pu se sortir d'une telle situation.

Le volontaire est un facilitateur ou une aide pour les formidables efforts déjà fournis par la population locale. Il faut être particulièrement prévenants avec les orphelins car ils s'accrocheront à tout volontaire au grand c?ur et seront déçus quand vous partirez. Ne faites jamais des promesses que vous ne pourrez pas tenir, par exemple en disant que vous allez revenir, alors que vous savez que cela sera difficile.

Il faut constamment garder en mémoire "comment les gens ont-ils construit leur communauté avant notre arrivée?" Le tsunami n'a pas emporté les qualités ni la sagesse des locaux.

Une leçon importante que j'ai apprise est qu'au lieu d'être donneuse (ce que je pensais être avant mon départ pour Khaolak), j'étais en fait une receveuse. La réalité locale a élargi ma conception du volontariat notamment dans les zones sinistrées et m'a appris comment les per-sonnes touchées surmontent de grandes difficultés, profitent du temps et de la collaboration des gens.

"Cette expérience m'a rendue encore plus humble et m'a montré la différence entre ce que je pensais pouvoir faire et ce que je pouvais réellement faire. Je suis revenue à Genève avec une nouvelle attitude sur l'aide aux personnes dans des situations désespérées. Sans ap-prendre ni apprécier les forces de la population locale, on peut être encore plus impuissants qu'ils ne le sont" conclut Chongcharoen.

ICVolontaires recrute des volontaires non rémunérés pour le terrain, en Afrique du Sud, au Mali, au Sénégal, au Canada et en Espagne. Une opportunité à élargir son champ d'expérience volontaire. Pour toute information, vous pouvez contacter le siège à Genève ou par email à l'adresse info@icvolunteers.org.

©1998-2019 ICVolunteers|conception + programmation mcart group|Mis à jour: 2019-01-28 10:52 GMT|Notre politique|