Symposium sur "les volontaires et la société de l'information"

Alain Just Coly
25 October 2003

Mme Viola Krebs: «Le volontariat ne doit pas créer une dépendance»

Mme Viola Krebs est la présidente du comité d'organisation du «symposium sur le volontariat et le développement des compétences humaines dans la société de l'information» qui se tient au CESAG de Dakar depuis jeudi. Entre deux sollicitations, elle a accepté de répondre à quelques-unes de nos interrogations, après la cérémonie officielle d'ouverture du symposium.

Sur le choix du Sénégal pour abriter la manifestation. Selon elle, «Ce choix résulte du fait que le Sénégal a joué un rôle phare dans le processus préparatoire des sommets de Genève [décembre 2003] et de Tunis [2005]». «Le Sénégal, explique Viola Krebs, possède une masse critique de projets dans le domaine des NTIC, qui peuvent offrir des possibilités nouvelles de développement, grâce à l'accès aux informations, au commerce, à la communication entre jeunes, femmes, adultes, et entre les spécialistes et les amateurs.»

Le volontariat peut-il offrir des solutions à la place des gouvernements ou sans eux? «Le volontariat joue un rôle complémentaire à celui des gouvernements, il apporte un plus. Ce que font les gouvernements, les volontaires ne peuvent pas le faire, mais, ensemble, les deux peuvent mieux réussir. Le volontariat est un moyen pour atteindre un objectif et l'objectif c'est la création de la société de l'information.»

En quoi le volontariat a-t-il été déterminant dans l'évolution des Nouvelles technologies? Selon Mme Viola Krebs, il faut se rappeler que «le World Wide Web a été développé au CERN de Genève (Centre européen pour la recherche nucléaire) par Tim Berners-Lee et celui-ci l'a fait dans un esprit de solidarité et de partage». Par ailleurs, «ceux qui créent des applications Internet, des bases de données, des sites d'information le font très souvent sans être rémunérés. Toute activité de solidarité est une forme de volontariat, parce qu'elle émane de gens qui s'investissent pour leur communauté dans un sens de partage de l'information et des compétences».

Dans cette optique, Viola Krebs note aussi que le transfert des compétences est souvent facilité par l'action des volontaires qui forment, par exemple, des formateurs qui eux-mêmes forment ensuite d'autres personnes.

Que dire de la manière dont certaines formes de volontariat sont conduites, du Nord au Sud, avec parfois des implications commerciales évidentes (nécessité d'acheter tel type de matériel dans tel pays, par exemple)?. La présidente du comité d'organisation du symposium n'esquive pas le problème. Au contraire, dit-elle, l'un des buts du symposium est «d'analyser les forces et les limites du volontariat». Celui-ci ne doit pas créer une dépendance. Le symposium doit analyser, selon elle, quels sont les bons modèles et quels sont les problèmes et aussi «comment convaincre le secteur privé à partager son savoir avec le secteur public (par exemple, instituteurs, professeurs de lycées, etc.) afin de pousser plus loin leur savoir». Hélas, déplore-t-elle, «le secteur privé a tendance à tout considérer comme des opérations de marketing alors que son intérêt ne doit pas être que commercial», mais plutôt refléter une certaine «responsabilité d'entreprise».

D'un autre côté, explique Mme Viola Krebs, la formule de volontariat de type Nord-Sud est souvent un cliché, un stéréotype. Ce n'est pourtant pas la seule forme de volontariat. Un volontariat Sud-Sud peut être «plus adapté, plus efficace», selon la présidente du comité d'organisation du symposium de Dakar dont les travaux prennent fin cet après-midi.

PROPOS RECUEILLIS
PAR ALAIN JUST COLY

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