Cyber-volontaires (ICV): Volontariat en Nouvelles Technologies: une contribution concrète à une société de l'information pour tous

Filifing Diakité
10 June 2005

Mali-Ntic: Qu'est ce que c'est qu'un volontaire?

Mahamar Maiga, président de ICV Mali : Un volontaire est une personne nantie de compétences qui, pendant une période se met à la disposition des communautés pour les aider à réaliser leurs activités et par ce biais, elle même s'enrichit de l'expérience de ces communautés.

Mali-Ntic: Par rapport à votre volontariat, vous êtes impliqués dans les nouvelles technologies ; selon vous, comment êtes-vous organisés dans ce domaine?

Mahamar Maiga: Effectivement, aujourd'hui il s'est avéré qu'il ne saurait y avoir de développement sans passer par les technologies de l'Information et de la Communication. A cet effet, au niveau de notre organisation nous avons un programme que nous appelons programme cyber volontaire.

Par le truchement de ce programme là, nous mettons un certain nombre de produits à la disposition des communautés, pour faire en sorte que celles-ci puissent s'approprier l'outil informatique et Internet afin de réaliser leurs activités et programmes de développement.

Ces programmes de développement peuvent être individuels ou collectifs parce qu'on sait aujourd'hui, que les nouvelles technologies de l'information apportent une valeur. Elles permettent en un temps réduit de réaliser véritablement des prouesses en matière de développement. De même qu'on sait qu'un pays ne saurait se développer sans éducation, un pays ne saurait également se développer en marge des nouvelles technologies de l'information et de communication.

Mali-Ntic: On sait que les compétences dans le domaine des TIC sont un peu rares au Mali, est ce que le mouvement a été bien accueilli au Mali? Les gens se sont-ils vraiment mobilisés?

Mahamar Maiga: En fait l'engouement y est. Ce qui manque, c'est véritablement les outils pour faire en sorte que chaque citoyen et chaque citoyenne puissent accéder aux TIC. Il s'agit notamment des équipements.

Aujourd'hui, de plus en plus les compétences se développent, les gens se spécialisent au niveau des TIC. Mais comment arriver à généraliser les outils? Comment arriver à faire en sorte que dans les hameaux, au fin fond du pays, le paysan puisse disposer de l'infrastructure nécessaire pour faire connaître ses produits, pour mettre ses produits sur la toile mondiale?

En fait, ce sont les infrastructures qui nous manquent, surtout que nous sommes un pays qui est en voie de développement, et où la préoccupation fondamentale aujourd'hui, est d'arriver véritablement à subvenir aux besoins quotidiens.

Cela fait, qu'on n'arrive pas à accorder la primauté à ces TIC là, sinon les gens en sont conscients. Il y a un réel engouement autour de la question. Il suffit simplement d'appuyer les initiatives qui sont multiples et éparses et de créer une synergie pour un réel impact par rapport à la dynamique.

Mali-Ntic: Vous avez organisé une rencontre cette année et vous avez été porté à la tête de ce groupe. Vous avez mis en place des groupes de travaux, et avez dû évoquer un certains nombres de questions. Actuellement, planchez vous sur des travaux particuliers?

Mahamar Maiga: Effectivement, en mars dernier avec l'accompagnement technique de Madame Viola Krebs qui a suivi tout le processus du sommet mondial de la société d'informations et du caucus des jeunes, nous avons pu, sous la supervision du ministère de la jeunesse et des sports et du ministère en charge des nouvelles technologies, mettre en place, un groupe de travail qui a pour mission essentielle de produire un rapport sur la thématique « volontariat jeunesse société de l'information ».

Cette activité a permis de faire l'état des lieux au Mali, des progrès réalisés en matière de développement des nouvelles technologies de l'information et de communication des jeunes volontaires.

Et pour arriver à un résultat, nous avons mis en place des groupes de travail.

Il y a un groupe de travail sur les objectifs du millénaire, un groupe de travail sur technologie libre et volontariat, un groupe de travail sur la mobilisation de ressources pour naturellement financer les activités de volontariat et aider les jeunes à être totalement des entrepreneurs.

L'ensemble de ces groupes de travail va faire un travail de base et au cours de ce mois de juin-ci, nous allons mettre ce travail là en commun pour produire le rapport.

Ce rapport, qui contient les projets des jeunes sera partagé avec nos concitoyens du Mali, avant d'être mis sur la toile.

Mali-Ntic: Vous avez parlé d'accompagnement qui doit se faire au niveau de l'état ainsi qu'au niveau des bailleurs bien entendu. Par rapport à la politique au niveau de l'état, un projet de stratégie TIC, pas encore adopté par le gouvernement existerait? Entretenez vous des rapports avec l'état?

Mahamar Maiga: Effectivement, pour que les tics se développent, il faut une synergie d'actions. Aussi, il faut l'accompagnement bienveillant du gouvernement.

On sait que c'est le gouvernement qui élabore et définit le cadre, qui oriente le cadre par le biais d'une politique qui permet à tous les acteurs de promouvoir les tics.

Comme je l'ai dit antérieurement notre rencontre s'est déroulée sous la supervision des ministères en charge de la jeunesse et des sports et de la communication et des nouvelles technologies.

Ces deux ministères sont nos parrains. Nous avons aussi un président d'honneur Monsieur Adama Samassékou qui est notre compatriote, qui a été porté à la tête du comité préparatoire du sommet mondial sur la société de l'information (phase de Genève). Il supervise tout ce que nous faisons pour qu'au finish, le document qui va sortir, puisse refléter la réalité avec une très haute qualité.

Mali-Ntic: Pour terminer, avez-vous bon espoir que le Mali se fera une certaine visibilité d'une part et que d'autre part après publication de ce document, le Mali aura des retombées pour sa jeunesse notamment?

Mahamar Maiga: Je dit d'entrée de jeu, que je suis très optimiste ne serait ce qu'à regarder le pas de géant franchit de 2000 à aujourd'hui. Et on sait aussi, que la volonté politique est affichée, que des pas ont été franchis et qu'aujourd'hui de plus en plus, avec le coût qui est entrain de baisser au niveau de la communication nous pensons et nous sommes convaincus que des efforts réels seront engrangés.

Toutefois, reconnaissons que des efforts peuvent être d'avantage faits, parce que quand on jette un coût d'?il sur un certain nombres de pays voisins, nous savons que là-bas encore des efforts ont été faits et que nous sommes pour le moment en deçà de ces efforts là et que nous pouvons encore faire mieux.

Je prends aujourd'hui le coût de connexion qui gravite autour de 500 FCFA, alors que dans certains pays c'est autour de 300 FCFA. Voilà donc je pense, que des efforts peuvent encore être faits et en fait, nous avons les compétences, nous avons les moyens pour parvenir à ces efforts là, pourvu que la volonté soit d'avantage affichée.

Maintenant, nous pensons que les projets que nous allons mettre sur la toile auront des retombées parce qu'en fait, nous créons les conditions pour que le rapport soit présenté à la phase de Tunis et d'ailleurs aux différentes phases du processus du sommet d'ici Tunis 2005.

C'est pour qu'au milieu de tous ces foras là, le document puisse être connu, puisse être partagé pour que, véritablement les projets puissent être d'avantage ciblés et que des contacts puissent être pris.

Nous pensons qu'une mise en synergie de ces efforts là, pourra faire en sorte que nous engrangions un pas de géant, afin que véritablement la société, soit une société de partage ou chaque personne puisse véritablement bénéficier de l'information, puisse communiquer avec l'autre à travers le pays et le monde entier

Je vous remercie.

Entretien réalisé par Filifing DIAKITE

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